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Lesung Maurice Chappaz

Marianne Finazzi

Maurice Chappaz qui n’a cessé tout au long de sa vie de chanter les beautés et les rudesses de la Suisse et du Valais, en particulier, sa terre natale, disait : « Entre pluie ou bruine , je m’attends moi-même. Tout balance entre minuscules ondées, sautes de vent, frémissements des trembles, minutes de froid et petites gifles de soleil ». En 1976, il dénonce les spéculateurs sans scrupules, dans un pamphlet intitulé « Les Maquereaux des cimes blanches ». Dans son ouvrage « Portrait des Valaisans – en légende et en vérité », il adresse, en préambule, ces mots à Bertil Galland : « Je n’ai rien inventé. J’ai dessiné le Valais roman, romand sans d, avec tout ce qui traînait : les propos de table des curés, les murmures des familles, les blagues enfantines, les histoires déjà retenues dans les cahiers du folklore, les anecdotes imaginaires, les on-dit, les incroyables histoires vraies, les confessions d’adolescents – mes souvenirs enregistrés, transformés, pendant des dizaines d’années…. ». Il parle d’un monde qui n’existe plus, d’une civilisation paysanne qu’il a vécu à la fois du dedans, y étant né et du dehors, en l’observant comme un témoin.

Si Maurice Chappaz a su mieux que personne décrire son coin, il a, tout au long de son existence, voyagé dans de nombreux pays. Entre 1969 et 1990, il a visité la Laponie, le Népal, le Tibet, le Mont Athos, la Russie, Abidjan, la Chine, le Liban, la Norvège, le Québec et… New-York. Au sujet de cette ville voici les propos qu’il tenait à Jérôme Meiroz : « Pour moi, cette ville est un symbole. Un symbole avec sa grandeur moderne. Et quand je dis du monde moderne, j’y mets tout ce qu’on peut y mettre aussi de beau et de terrible…. J’y ai trouvé vraiment de la grandeur, comme j’ai admiré le mur de la Dixence. J’ai admiré l’architecture des gratte-ciel. Quand je passais à pied, la tête levée, je laissais mon regard glisser sur ces immenses parois de verre et d’acier… » .

« La présence jaillit de l’existence. Et elle remue en nous, en relation avec tout ce qui piétine ou souffle sous le ciel, jusqu’aux cailloux tels des cris parfois. Nous sommes jour après jour habitants de villages qui disparaissent aussi: ce pré ou cette montagne qui s’écoulent, s’écoutent en nous. S’y reflète une beauté passagère qui est comme un autre nous-mêmes plus vrai que nous…. » (extrait de « La pipe qui prie & fume » - Editions de la revue Conférence et Maurice Chappaz, 2008).